Dr Jacques Auguste Sissoko, le Président de la commission Santé du COCAN, fait connaître le dispositif mis en place et pour les joueurs et pour les spectateurs.

Comment avez-vous préparé la compétition? 

Nous avons tout mis en œuvre pour pouvoir faire face à tout ce qui pourrait arriver à tous ceux qui sont sur le territoire national pour la CAN.

Les choses évoluent-elles dans l’esprit du cahier de charges de la CAF?

L’esprit du cahier de charges a été en notre possession depuis longtemps, puisque c’est depuis 2017 que nous avons été désigné comme responsable sanitaire du COCAN. Nous sommes dans l’esprit du cahier de charges. Il faudrait faire en sorte que toutes les délégations présentes en Côte d’Ivoire soient prises en charges et qu’elles puissent y passer un moment agréable, avec tous les soins que nous pourrions leur administrer.

Quelles sont les grandes lignes du cahier de charges?

Ce cahier de charges dit, pour ce qui concerne le côté médical, qu’il faut déjà faire savoir à nos invités qu’avant d’arriver en Côte d’Ivoire, ils vont recevoir un guide médical. Ce document fait savoir les conditions d’entrée en Côte d’Ivoire, notamment les vaccins à faire.

Il fait également savoir que, dès leur arrivée, les délégations auront à leur disposition une ambulance avec une équipe médicale dédiée à chaque délégation.

Pour les 24 pays en présence, il y a eu donc 24 ambulances de réanimation. Une fois dans leurs zones respectives (hôtels ou cités de résidence), l’équipe médicale sera toujours à leurs côtés jusqu’à leur départ.

Quelle est la composition de cette équipe médicale?

Il y a une ambulance certes, mais il y a un médecin réanimateur urgentiste, un infirmier, un secouriste et l’ambulancier, bien évidemment.

Cette équipe passe la nuit avec le pays pour lequel elle a été désignée. Pour les entraînements, les sorties, les délégations sont toujours suivies par l’équipe médicale qui leur a été affectées et jusqu’au stade les jours de matchs.

Qu’en est-il de la gestion des matchs eux-mêmes?

Nous avons des infirmeries dans chaque stade. Prenons le stade Alassane Ouattara. Il y a 13 infirmeries. Dans chacune d’elles, il y a un médecin, urgentiste ou réanimateur ainsi que des brancardiers et des infirmiers.

Autour de la pelouse, deux ambulances sont prévues dans les pénétrantes, c’est-à-dire sur les côtés. Elles sont là pour parer à tout ce qui peut arriver sur la pelouse, commotion cérébrale, chute (qui pourrait être due à un problème cardiaque). A côté de ces ambulances, nous avons l’Association ivoirienne de la médecine du sport (AIMS) qui met à disposition un spécialiste avec quatre secouristes qui sont sur le banc de touche, au même niveau que les remplaçants des équipes.Ils sont conduits par un médecin réanimateur attitré qui est, lui aussi, sur la pelouse. Ce dispositif a été éprouvé pendant les matchs tests qui se sont joués.

Quid des secouristes?

Ils font partie du dispositif. Ils sont dans les tribunes. Ils sont nombreux et ont avec eux, dans les quatre côtés du stade, des médecins qui les supervisent, dont un médecin réanimateur qui peut venir leur donner un coup de main en cas de pépin.

Signalons aussi que pour chaque stade, nous avons une ambulance au nord, une autre au sud, une troisième à l’est et une quatrième à l’ouest. Dès qu’un cas de malaise est constaté, la victime peut être mise dans l’une de ces ambulances et évacué vers l’hôpital le plus proche.

A côté de tout ce dispositif, nous avons un héliport dont l’emplacement est déterminé par l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC). Il faut, en effet, un hélicoptère pour chaque match, pour parer aux situations critiques. Une convention a été signée avec une structure ivoirienne qui va nous permettre d’avoir deux hélicoptères pour assurer la veille sur l’ensemble des six stades, durant toute la compétition.

Il a été question de mettre en place un poste médical avancé (PMA)...

C’est un autre élément de notre dispositif, tout aussi important que les autres. Le PMA est un espace pouvant accueillir plusieurs personnes à la fois. On y trouve plusieurs médecins et infirmiers. Si d’aventure des malaises ou des accidents étaient constatés au niveau de la foule, c’est là que seront prises en charge les personnes affectées. Il est équipé pour accueillir plusieurs personnes à la fois. Elles sont accueillies là, traitées d’urgence et évacuées si nécessaire, par ambulances.

Le PMA est un endroit où on fait un grand triage de tous les cas de malaise constatés. Ambulances des sapeurs-pompiers, du SAMU, de la Croix-Rouge ou du COCAN y sont en alerte permanente.

La prise en charge de la foule qui va au stade fait donc partie de votre mission...

Bien sûr! Pour ce faire, le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, à travers le ministère de la Santé et de la Couverture maladie universelle, a pris sur lui de mettre à niveau certains établissements sanitaires qui vont nous aider en cas d’afflux massifs de blessés. On pourrait les évacuer vers les hôpitaux les plus proches du stade.

Dans chaque ville hôte, les établissements sanitaires ont été mis à niveau. Avec l’aide des sapeurs-pompiers, nous allons faire un jalonnement entre Abidjan et Korhogo et entre Abidjan et San Pedro pour apporter secours en cas d’accidents de la circulation.

Nous avons aussi en charge la sécurité des Fanzones CAF qui, elles, seront là pendant toute la durée de la compétition. Tous les jours donc, il y a une assistance médicale autour de ces Fanzones, avec des secouristes, des pompiers, des médecins.

Nous nous occuperons éventuellement des autres espaces festifs. Ce sont des regroupements liés à notre activité, que nous ne pouvons ignorer.

Y a-t-il une collaboration avec les structures sanitaires, privées comme publiques?

La CAF, au terme d’un circuit, a retenu des établissements. Ce sont le CHU de Treichville et celui d’Angré, la PISAM et la Clinique Farah, au niveau d’Abidjan.

A Yamoussoukro, on a l’hôpital Moscati, et le Centre hospitalier régional (CHR).

A Bouaké, ce sont le CHR et le Centre hospitalier universitaire (CHU) en appui.

A Korhogo, on a le CHR. A San Pedro, il y a le CHR avec l’hôpital général en appui.

La CAF a exigé qu’il y ait certaines commodités dans ces établissements sanitaires, ce qui a été fait. Elle a demandé qu’il y ait certains services, deux blocs opératoires au moins, du personnel médical, un scanner et l’IRM. Tout cela a été fait.

Qu’en est-il du service jet sanitaire, qui fait partie des exigences aujourd’hui?

Un jet sanitaire est arrivé à Abidjan cinq jours avant la compétition et sera libéré deux jours après. Si ce service devait être utilisé, le joueur blessé sera conditionné rapidement sur place, puis évacué vers la ville demandée par son employeur après un passage dans l’une des cliniques retenues.

Combien d’hommes avez-vous à vos côtés pour accomplir votre mission ?

Au total, il y a 1 341 volontaires, à savoir 184 médecins, 135 infirmiers, 5 pharmaciens, 79 ambulanciers, 3 kinésithérapeutes, 837 secouristes, 14 hygiénistes, 24 escortes, 5 préparateurs pharmaceutiques et 12 magasiniers.